Partager l'article ! J'irai dormir chez les caribous: Les réveils sonnent, il est déjà 5 heure du matin, je m'extirpe difficilement de mes rêves après une nu ...
Les réveils sonnent, il est déjà 5
heure du matin, je m'extirpe difficilement de mes rêves après une nuit plus courte que prévu. Je sens que le voyage va être une grande épreuve, passant devant la glace de la salle de bain je
frôle la crise cardiaque en voyant ma tête des matins difficiles. Le temps passe très vite quand on veut prendre son temps, alors je saute dans mes vêtements après m'être lavé trop rapidement. Un
dernier au revoir à Charles encore profondément endormi et c'est parti.
Il fait nuit, la route de la gare m'offre encore un peu de tranquillité avant le tumulte des transports en commun. Des voyageurs pressés de prendre un train, qui lui se laisse le temps d'arriver, 5 min de retard pour le TGV 5130, le mien. Une heure et des cacahuètes plus tard, mon petit déjeuner, je me retrouve dans le labyrinthe des boyaux de l'aéroport de Paris Charles de Gaule. Arrivé au terminal 3, je me retrouve au milieu de centaines d'hommes et de femmes vêtus de blanc attendant le départ de leur pèlerinage pour la Mecque. En une heure je m'enregistre, prend mes billets et je me retrouve dans la salle d'embarquement. Encore deux heures d'attente et c'est le décollage.
Dans l'avion je suis à la place 12C, côté couloir, mes voisins sont un couple de québécois de retour dans leur pays. Je pensais pouvoir dormir et rattraper les heures de sommeil perdu dans les bars de Lille la nuit dernière, mais la sympathie québécoise prend vite le dessus. Thérèse et Gilles sont de l'Est de Montréal et me racontent leur voyage en France et le plaisir qu'ils ont eu à visiter Paris pendant deux semaines. Nous sympathisons, mangeons ensemble, parlons de nos pays et leurs traditions. Rapidement s'instaure une convivialité hors du commun pour un français, mais qui pour eux paraît normale. Nous finissons par parler de nos familles et ils me proposent de passer chez eux quand je serai installé à Montréal.
Le voyage est passé très vite, je n'ai pas eu le temps de me reposer mais certaines rencontres n'ont pas de valeurs, elles sont trop chers. Après avoir atterri, je me rends compte que l'aéroport se trouve encore loin de la ville, Thérèse et Gilles me proposent alors de m'accompagner dans leur imposant 4x4 jusqu'au centre de Montréal, là où je pourrai prendre le métro. Sur la route je découvre une ville qui n'a pas d'égal en Europe, tant par son architecture que par ses réseaux automobiles si différents aux nôtres. Nous croisons de nombreux camions bariolés comme ceux que l'on peut voir dans les téléfilms des années 70, je me serais cru dans K2000.
J'aperçois les premiers buildings, les premières tours de bureaux, plutôt classiques, loin des tours au design contemporain que l'on peut voir pousser aux Émirats Arabes Unis. Ici les grattes ciel côtoient les maisons de ville, étrange contraste entre les bunkers de la finance mondiale et les jardins standards des maisons québécoises . Nous entrons dans le centre-ville par toute une série de tunnels creusés sous les tours, comme pour éviter de déranger cet équilibre propre à Montréal: entre nature et mégalopole, travail et détente...
Thérèse et Gilles me déposent proche du métro et m'offrent quelques dollars pour appeler Matthieu, un ami du lycée installé depuis déjà quatre ans au Canada. Cette première rencontre m'a touché, on s'échange nos courriels puis c'est le moment des adieux, au fond de moi je suis sûr que je vais les revoir.
La fatigue est trop forte pour me perdre dans la ville avec mes quarante kilos de valise, l'adresse en poche je décide de prendre le taxi pour rejoindre la rue St Denis. Je suis accueilli par Matthieu en personne qui me fait visiter sa collocation, l'appartement est top, situé dans le quartier branché de la ville, qu'on ne tarde pas à quitter pour visiter le vieux Montréal et son port. La nuit tombe vite et la température aussi, pour se réchauffer rien de mieux qu'une petite bière du pays au St Bock. Là je découvre l'ambiance des bars et la folie des canadiens pour le hockey sur glace, aussi populaire que le foot en France, mais en beaucoup plus violent. Je rencontre quelques canadiens et expatriés français qui m'en disent plus long sur les traditions locales.
Ce soir la j'ai pu gouter à une des spécialités remarquables de la gastronomie populaire québécoise: la poutine. Une assiette de frite recouverte de fromage fondue... Une première journée qui m'a permis de gouter aux premiers plaisirs du pays, je tombe de fatigue et savoure chaque seconde qui me rapproche de mes rêves.
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